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141e année

Comment Flow Stop arrête les inondations

Sécurité. L’entreprise née à Montauban répond à l’urgence climatique. Olivier Guillou a trouvé une solution pour minimiser l’impact des inondations. Le fondateur mise sur la prévention et compte sur le soutien des compagnies d’assurance. Flow Stop aimerait devenir le « Free » de l’inondation.

Comment Flow Stop arrête les inondations
L’entreprise montalbanaise Flow Stop, fondée par Olivier Guillou, a créé un produit qui fonctionne sur un système de location, à partir de 120 € par an pour un particulier. (Crédit : DR)

L’idée de créer Flow Stop est née sur un paddle gonflable. « Je venais d’acheter une planche, fabriquée dans un matériau très résistant, le Drop Stitch, utilisé également dans l’aéronautique et l’armée. Quelques jours après cette expérience personnelle, j’entends parler des inondations catastrophiques à Cannes. Je me suis dit qu’on pouvait faire quelque chose avec ce matériau. » Tout s’enchaîne, grâce à ses connaissances, il décide de présenter son projet à l’incubateur du Grand Montauban. Il se fait appuyer par un assureur, Hervé Aillot (NDLR : il apportera ensuite son soutien financier à l’entreprise).


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Le jury est séduit, Olivier Guillou obtient une enveloppe de 30 K€. Il intègre l’incubateur et lance l’entreprise en décembre 2018. « Ce qui paraissait simple à la base, s’est avéré beaucoup plus complexe. En mécanique des fluides, on s’aperçoit que rien n’empêche l’eau de passer. On a fait un gros travail sur l’étanchéité, trois ans de recherche et de développement ont été nécessaires. Je voulais un dispositif fiable », explique Olivier Guillou. Des tests grandeur nature ont été réalisés à Biarritz sur un canal en statique, avec l’appui de l’entreprise Wave Bumper qui fabrique des digues de protection amovibles. Résultat concluant : Flow Stop a résisté à la pression.

« INVENTER ET VENDRE SONT MES DEUX MOTEURS »

Le fondateur voulait un dispositif facile à mettre en oeuvre. Flow Stop se gonfle avec une pompe ou un compresseur. Il s’est associé à Bertrand Sylvestre, directeur général de l’entreprise et travaille avec un réseau de partenaires, notamment VorteX. Io à Toulouse. Flow Stop a rejoint l’IOT Valley, un véritable booster pour son entreprise. « On fabrique sur-mesure. Aucune ouverture n’est identique en France. Nous sommes en recherche permanente. Il existe différents types d’inondations, un épisode cévenol n’a rien à voir avec une crue en Normandie. La réponse doit être adaptée. C’est une bonne chose pour notre entreprise : plus c’est compliqué, plus on limite l’accès à nos concurrents. » Coût de l’investissement : 400 K€. Flow Stop fonctionne sur un système de location, à partir de 120 € par an pour un particulier. C’est une alternative au batardeau métallique, l’entrepreneur refuse que le coût des dispositifs anti-inondations soit un frein à l’équipement.

2023 : SE DÉPLOYER DANS LES CAMPINGS

Olivier Guillou a pris conseil auprès des pompiers. Ils lui ont recommandé de ne pas monter la barrière au-delà de 90 cm, elle peut ainsi être enjambée par les secours. L’entreprise compte déjà une centaine de clients en France. Les barrières sont équipées d’un tracking, l’idée est d’alerter au plus vite les pompiers. « Si j’ai 10 Flow Stop qui se gonflent, ça veut dire qu’il se passe quelque chose et qu’il faut agir », explique Olivier Guillou. L’entreprise va cibler les campings, les centres de vacances, Il y a un potentiel énorme. « Dans un camping, il faut protéger les mobil- homes, l’enjeu est important. On a des pistes également contre les violentes coulées de boue. Notre dispositif pourrait servir de retardataire, c’est déjà beaucoup. »

Les produits sont fabriqués en Tunisie par le fournisseur qui équipe déjà une grande chaine de magasins de sport en France. Olivier Guillou a mis en place un partenariat exclusif avec l’entreprise Doublet. « C’est par leur intermédiaire qu’on va toucher les maires des communes ». Il s’étonne qu’on laisse la seule responsabilité aux particuliers de s’équiper. « Il y a un gros travail à faire sur la prise de conscience auprès des assureurs. Il faut arrêter de constater et de rembourser, mieux vaut prévenir que guérir », conclut Olivier Guillou.

Dorisse Pradal