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141e année

Coop’action, première Coopérative d’Activité et d’Emploi du bâtiment

Bâtiment. Basée à Ramonville, Coop’action, première coopérative d’activité et d’emploi du bâtiment en France, fête ses 20 ans. Son ambition : permettre à de nouveaux entrepreneurs de développer une activité pérenne et rentable.

Coop'action, première Coopérative d'Activité et d'Emploi du bâtiment
Coop’action est la première CAE du bâtiment en Occitanie. (Crédit : DR)

Créée il y a 20 ans à Toulouse, Coop’action est la première coopérative d’activité et d’emploi (CAE) spécialisée dans le bâtiment en France, un modèle original, encore très largement méconnu. Coop’action a en effet pour vocation d’accompagner des hommes et des femmes du bâtiment dans leur projet d’entreprendre, en leur proposant une solution alternative à la création d’entreprise. Le modèle de la coopérative d’activité et d’emploi s’adresse de fait à tous types de profils : demandeurs d’emploi, bénéficiaires de minima sociaux et salariés en CDI et CDD. Pour intégrer la CAE, le porteur de projet doit présenter son projet et le défendre auprès des membres de Coop’action.

Il peut alors signer une convention d’accompagnement qui lance le début de sa collaboration avec la CAE. Le néo-entrepreneur bénéficie de formations. Il peut débuter son activité en toute autonomie tout en profitant de l’accompagnement de l’équipe de Coop’action, aujourd’hui composée de neuf personnes. À l’occasion de la réalisation de son premier devis, le nouvel entrant signe un contrat d’appui au projet d’entreprise (Cape) avec la CAE. Il ne constitue toutefois pas un contrat de travail et ne modifie pas son ancien statut social et fiscal mais apporte une couverture sociale en cas d’accident du travail. Le nouveau coop’acteur entre ainsi dans une phase de création d’un fonds de roulement dans le but de se salarier.

ENTREPRENEURS SALARIÉS ET ASSOCIÉS

Lorsque l’activité se développe et qu’elle génère un chiffre d’affaires suffisant, le porteur de projet peut alors signer un contrat d’entrepreneurs salariés associés (Cesa) qui constitue un contrat de travail en CDI. Il devient alors « entrepreneur salarié » : son temps de travail et sa rémunération sont établis en fonction de son chiffre d’affaires. Cet accompagnement dans la durée a pour ambition de permettre au porteur de projet de développer progressivement son activité jusqu’à parvenir à un revenu stable et conséquent. À partir de la signature du contrat Cape, l’entrepreneur dispose d’un délai de trois ans pour devenir associé de la CAE. Il peut également en sortir à tout moment, par exemple pour monter sa propre structure. Pionnière dans son domaine, le bâtiment, Coop’action regroupe aujourd’hui 110 entrepreneurs dont 20% de maîtres d’oeuvre, 35% d’entrepreneurs dans le gros oeuvre et 45% dans le second oeuvre.


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Pour assumer ses missions et assurer cet accompagnement vers la création d’activité, elle bénéficie de plusieurs soutiens : de la Région Occitanie, de l’Union européenne via le fonds FSE, du Sicoval et de la ville de Toulouse. « Notre travail chez Coop’action est de donner du pouvoir d’agir et de faire à l’ensemble de nos sociétaires et porteurs de projets, explique Sébastien Kremer, gérant de Coop’action. En tant qu’outil sociétal, nous sommes une entreprise qui a vocation à se léguer de génération en génération et qui a pour ambition de promouvoir cette qualité entrepreneuriale. Nous apportons un cadre sécurisant aux coop’acteurs qui montent en compétence sur leur activité et qui bénéficient des nombreux avantages du statut d’entrepreneur salarié. Nous disposons ainsi d’un outil qui s’adapte constamment à la demande et aux besoins du territoire et sommes prêts à accueillir chez nous de nombreux nouveaux coop’acteurs pour ancrer toujours plus ce modèle entrepreneurial ».

MODÈLE D’AVENIR

Coop’action, qui vient de recevoir le label « Engagé RSE » délivré par l’Afnor, est devenue en 20 ans un acteur majeur de l’économie sociale et solidaire (ESS) en Occitanie. Elle veut aujourd’hui poursuivre son développement dans le cadre d’« une croissance maîtrisée et adaptée » à la demande qui émerge sur le territoire. « L’objectif de la CAE est de conscientiser et de donner du pouvoir d’agir à ses entrepreneurs. On peut dire que c’est une école de l’entrepreneuriat, dont le parcours est défini au départ par le contrat de travail dans lequel il est indiqué que, si le porteur de projet ne devient pas associé dans les trois ans, c’est un motif de rupture qui n’est pourtant pas un échec. On considère en effet que chaque entrepreneur qui passe dans la coopérative est bonifié d’un savoir entrepreneurial qui lui apporte beaucoup d’atouts dans le cadre d’une future activité, à son compte ou pour un employeur », conclut Sébastien Kremer.

Agnès Bergon