Depuis Toulouse, Les Halles de la Transition visent 50 tiers-lieux franchisés d’ici à 2030
Entrepreneuriat social. Fort d’une levée de fonds de 1 M€, le groupe Les Halles de la Transition ambitionne de changer d’échelle. Fondé à Toulouse par Chloé Cohen et Mélanie Moresve, il mise sur la franchise pour diffuser son modèle de tiers-lieu à impact social et environnemental dans les grandes métropoles françaises.
En 2023, le groupement d’intérêt public France Tiers-Lieux dénombrait 3 500 espaces de sociabilité d’initiative citoyenne. Des lieux où une communauté peut se rencontrer, se réunir, échanger et partager des ressources, des compétences et des savoirs.
En 2018, ils n’étaient que 1 800. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les grandes métropoles françaises en comptent relativement peu. 28 % de ces espaces sont implantés dans des villes moyennes et 34 % en milieu rural.
Pour inverser cette tendance, Chloé Cohen et Mélanie Moresve ont co-fondé les Halles de la Transition en 2022. Lancée sous forme associative, la structure est depuis devenue un groupe de l’économie sociale et solidaire (ESS), bénéficiant de l’agrément Entreprise solidaire d’utilité sociale (ESUS). Elle s’appuie aujourd’hui sur un premier tiers-lieu franchisé, situé au 46 rue de Bayard à Toulouse, en plein centre-ville.
À terme, les deux fondatrices, à la tête d’une équipe d’une dizaine de salariés, espèrent ouvrir trois nouveaux espaces franchisés dans les métropoles françaises au cours des deux prochaines années, puis une cinquantaine d’ici à 2030. Pour soutenir cette ambition, les Halles de la Transition viennent de boucler une levée de fonds de 1 M€ auprès d’une vingtaine de business angels, parmi lesquels l’entrepreneur Stéphane Gambier, cofondateur du cabinet de conseil Abaques Audiovisuel, implanté à Saint-Aubin et cédé en 2014. L’entrepreneur est désormais membre du comité stratégique des Halles.
Café-restaurant, coworking et événements grand public
Les Halles de la Transition à Toulouse réunissent un écosystème d’activités au sein duquel la cantine occupe une place centrale. Celle-ci privilégie une cuisine engagée et faite maison, élaborée exclusivement à partir de produits locaux et de saison, afin de permettre à chacun de réduire son impact écologique à travers des choix de consommation concrets. « Notre objectif est de venir concurrencer les grandes chaînes de cafés et de bars traditionnels, comme Starbucks », explique Chloé Cohen.
Lancé avec le soutien de Toulouse Métropole, le projet a été construit sur fonds propres par les deux fondatrices. « Nous bénéficions également de partenariats avec la Banque des Territoires, le Crédit Coopératif, la Caisse d’Épargne ainsi que la coopérative bancaire La Nef », ajoute la dirigeante, diplômée d’HEC Paris et de Toulouse Business School.
« Depuis quatre ans, nous expérimentons un modèle qui associe un café-bar, des événements B2B et B2C ainsi qu’un espace de coworking », poursuit Chloé Cohen. Elle rappelle toutefois que, dans le cadre du développement en franchise, aucune activité spécifique n’est imposée aux porteurs de projet. « Nous avons lancé notre premier tiers-lieu franchisé il y a peu. Le groupe des Halles de la Transition n’a donc pas la prétention d’imposer un concept figé à ses franchisés, dès lors que leur projet respecte les principes et les valeurs de l’économie sociale et solidaire », précise l’intéressée qui a également co-fondé à Sydney, en Australie, un accélérateur de start-up dédié à l’économie circulaire.
Le premier tiers-lieu franchisé de France
« Nous avons choisi le modèle de la franchise, car c’est le plus solide pour offrir aux porteurs de projet un cadre structuré, un cahier des charges clair et un accompagnement dans la durée », souligne-t-elle. Dans les faits, les franchisés peuvent être des entreprises, des coopératives, des associations ou encore des collectifs qui choisissent de s’installer sous la même enseigne.
Le parcours de recrutement débute par une première rencontre, suivie de la présentation d’un dossier de candidature et d’un business plan. Les candidats participent ensuite à plusieurs journées de formation avant la signature du contrat de franchise. « Nous les accompagnons ensuite dans le montage de leur dossier de financement, la recherche de locaux, la mise en place de partenariats et la fidélisation de leur communauté », précise Chloé Cohen.
La cheffe d’entreprise invite également à s’inspirer de la stratégie marketing de lieux hybrides tels que Mama Shelter ou The Social Hub. « Ce sont des lieux qui séduisent à la fois le grand public et les professionnels. Ils reposent sur des modèles économiques autofinancés, adaptés aux attentes actuelles, et bénéficient d’une image de marque forte », souligne-t-elle.
Les deux fondatrices des Halles de la Transition entendent insuffler un renouveau au secteur des tiers-lieux grâce à ce modèle de franchise « à impact écologique et social positif », une première en France. « À court terme, nous souhaitons concentrer nos efforts sur le développement et l’accompagnement de nos trois prochains espaces, tout en consolidant le site toulousain, qui a vocation à devenir un centre de formation pour les futurs franchisés », détaille Chloé Cohen.
La dirigeante annonce également la signature prochaine de partenariats financiers avec le groupe américain de conseil CBRE, leader mondial des services et de l’investissement en immobilier d’entreprise, ainsi qu’avec la foncière Bellevilles, spécialisée dans le financement de projets relevant de l’économie sociale et solidaire. Cette dernière figure notamment parmi les principaux investisseurs des Halles de la Cartoucherie.