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141e année

Des résidences seniors, nouvelle génération

Logement. Le Réseau Serenis vient d’inaugurer sa première résidence services seniors à Albi, avec un concept novateur. D’autres projets sont d’ores et déjà en route, cette fois en collaboration avec le promoteur Kaufman & Broad.

Paul Gemar, président du Réseau Serenis, lors de l'inauguration de la nouvelle résidence services seniors
Discours de Paul Gemar, président du Réseau Serenis, lors de l’inauguration de la nouvelle résidence services seniors, Le clos de Rochegude, à Albi.

Nombre d’entreprises choisissent de réaliser des opérations externes pour continuer à se développer. Le Réseau Serenis, groupe familial toulousain spécialisé dans l’accompagnement sanitaire et médical des personnes âgées, a, lui, fait le choix d’une autre stratégie « car la croissance externe signifie forte concurrence, et c’est difficile de suivre pour une PME de taille régionale comme la nôtre et dans ce secteur », pointe Paul Gemar, à la tête du Réseau Serenis. Outre l’intégration cette année de la clinique du Château de Vernhes dans ses axes de développement, le groupe se lance dans un nouveau secteur d’activité : les résidences services seniors.

Serenis a, de fait, inauguré le 19 mai, sa première résidence, Le clos de Rochegude à Albi – construite en nom propre et dont il est exploitant. Elle comprend 86 appartements autonomes et aménagés, les tarifs de la location oscillant entre 1100 € et 1450 €. Ce lieu a pour vocation d’offrir aux résidents un environnement plus sécurisé couplé à des services collectifs, tout en permettant de rester autonome. Ce sont près de 14 M€ qui ont été investis dans ce projet, mûri pendant cinq ans. « Le projet a mis du temps à se mettre en place notamment pour concevoir un bâtiment adapté à ce que nous souhaitions et pour des questions de permis de construire », souligne le président.

RÉSIDENCE INTERGÉNÉRATIONNELLE

Le marché des résidences seniors fleurit depuis quelques années, comprenant plus de 1000 établissements sur le territoire français. Un marché non régulé qui s’industrialise et qui dépend notamment du code de l’urbanisme contrairement aux Ehpad. Le Réseau Serenis, a, lui, souhaité apporter une autre dimension en misant, d’une part, sur la construction de bâtiments vertueux et écologiques – certifié bâtiment NoWatt –, mais surtout sur un concept novateur qui vise à prévenir la perte d’autonomie, faciliter le maintien à domicile et maintenir un lien social.

« La nutrition des personnes âgées est un autre élément essentiel à leur bien-être. »

« Nous souhaitons créer un lien intergénérationnel. Nous avons, en effet, déjà expérimenté le système de microcrèche exploitée par la Mutualité Française Haute-Garonne au sein de la clinique des Minimes et de l’Ehpad Résidence Saint-Simon, lequel a porté ses fruits. Le lien intergénérationnel renforce la vie sociale indispensable au bienêtre de nos résidents. C’est également un choix qui émane de la part de plus en plus de parents », explique Paul Gemar. De fait, Serenis a intégré dans son projet le premier réseau de microcrèches intergénérationnelles Tom et Josette, qui accueille 12 enfants âgés de deux mois à quatre ans.

NOTION DU BIEN VIEILLIR

À côté de cette dimension sociale, le Réseau Serenis a à coeur de mettre en avant, via ses services, la prévention de la dépendance et la notion du bien vieillir. « De par notre spécialité, nous avons des relations privilégiées avec le Gérontopôle du CHU de Toulouse, lequel a démontré par des études que des actions multidomaines retardent les effets du vieillissement. Il peut s’agir de maximiser les capacités intrinsèques, d’assurer des activités adaptées stimulant par exemple le cognitif, etc. Nous entendons mettre en place des activités en ce sens. Nous avons déjà commencé par des ateliers physiques », détaille le directeur du réseau qui envisage d’aller plus loin dans la démarche. « Nous avons également répondu à un appel d’offres du Conseil départemental du Tarn qui propose des programmes de financement en faveur du bien vieillir, en vue d’intégrer une neuropsychologue pour développer des ateliers cognitifs », poursuit-il.


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Le président a d’autres idées en tête, à savoir nouer, dans les mois à venir, des partenariats avec des mutuelles qui se mobilisent également en ce sens. Autre point différenciant que met en avant la PME, l’importance de la restauration. « La nutrition des personnes âgées est un autre élément essentiel à leur bien-être. De fait, nous proposons des produits de qualité et privilégions les circuits courts. Nous avons également pour objectif de garantir l’accessibilité financière, afin que la fréquentation ne devienne pas épisodique. Notre service de restauration, géré par deux brigades de trois personnes, est aussi ouvert aux seniors du quartier afin de favoriser les échanges », souligne le président.

D’AUTRES CONSTRUCTIONS EN ROUTE

Dans son plan stratégique, le Réseau Serenis table, à l’horizon de sept ans, sur la construction de 10 résidences sur l’ensemble de l’Hexagone. Pour ce faire, il entend développer ce concept de résidences sous la marque Cosy Diem dans le cadre d’une co-entreprise avec le promoteur Kaufman & Broad. Les deux partenaires ont, de fait, inauguré un nouvel établissement à Narbonne, en avril dernier, regroupant une centaine d’appartements. Un autre établissement devrait sortir de terre fin 2023 au Cap d’Agde.

En parallèle, ils viennent de lancer la construction de trois autres résidences dans les environs de Rouen, à Besançon et en Île-de-France. Cette diversification devrait permettre à la PME toulousaine, dont le siège se situe à Villefranche-de-Lauragais, d’accélérer considérablement sa croissance et de passer un cap significatif. Le groupe a généré un CA consolidé de 45 M€ en 2021. Du côté des retombées économiques locales, chaque nouvelle résidence devrait permettre la création d’une douzaine d’emplois directs et de nombreux emplois indirects.

Jennifer Legeron