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141e année

Enedis investit 30 M€ par an sur le territoire métropolitain

Énergie. Bastien Toulemonde, directeur régional Midi-Pyrénées Sud d’Enedis, filiale d’EDF qui gère le réseau public de distribution d’électricité dans les départements du Gers, de la Haute-Garonne et de l’Ariège, et emploie 900 salariés, a récemment présenté le bilan d’activité de la structure sur le territoire de la métropole toulousaine. Interview.

Interview - Enedis - Energie - Midi-Pyrénnées
Bastien Toulemonde, directeur régional Midi-Pyrénées Sud d’Enedis. (Crédit : DR)

Le contrat de concession qui lie Toulouse Métropole et Enedis a été renouvelé pour 20 ans en 2019. Quels enjeux cela représente pour Enedis ?

Nous accompagnons Toulouse Métropole à la fois au quotidien, pour assurer un système électrique qui fonctionne conformément aux attentes des citoyens, et pour l’avenir, en étant à ses côtés pour préparer la transition écologique. L’enjeu écologique, à l’échelle du pays, est en effet évident et l’énergie y tient une grande place. Nous constatons que l’électricité est l’outil indispensable à la transition écologique de nos territoires parce qu’elle est, en France, très majoritairement décarbonée, et que la quasi-intégralité des outils pour avoir une énergie propre et décarbonée demain sera raccordée sur le réseau de distribution d’électricité que nous gérons, qu’il s’agisse de moyens de production com - me les éoliennes ou le photovoltaïque ou des nouveaux usages de consommation, comme les véhicules électriques ou des moyens de stockage qui pourraient être mis en place sur le réseau.

Dans ce contexte, quelles sont vos missions ?

Enedis, aux côtés de la métropole de Toulouse, s’assure donc que le système fonctionne bien. Et c’est le cas, puisque dans 99,99% des cas, quand on veut utiliser l’électricité, elle est disponible. Autrement dit, un client de la métropole de Toulouse n’est en moyenne coupé que 15 minutes par an. L’accessibilité de l’électricité, avec un bon niveau de qualité, est ainsi aujourd’hui garantie. Nous sommes la 3e ou 4emétropole sur le plan de la qualité d’alimentation. Notre ambition est de maintenir ce bon niveau. Cela suppose que l’on se coordonne bien avec les services de la métropole pour faire les bons investissements sur le réseau.


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Quel est le niveau de ces investissements ?

Ils sont de deux natures. Nous procédons à des investissements en vue de maintenir un bon niveau de qualité. Cela représente près de 50 % de nos investissements annuels qui sont de l’ordre de 30 M€. L’autre moitié de ces investissements vise le raccordement des nouveaux clients, compte tenu de la dynamique démographique forte que connaît Toulouse. Nous comptons ainsi 5 000 nouveaux clients sur la métropole chaque année, soit 600 nouveaux raccordements. Enedis assure donc aussi, aux côtés de la métropole, l’accueil de ces nouveaux administrés et, si l’on regarde un peu plus loin, l’accompagne dans ses projets de transition écologique.

Des exemples de projets ?

Le premier, c’est le développement de la production photovoltaïque sur territoire de la métropole. La collectivité a la main pour installer des panneaux photovoltaïques sur les bâtiments publics et peut inciter les habitants à le faire sur leurs propres logements. Notre responsabilité est alors de rendre possible ces nouvelles installations pour que les projets soient menés dans les meilleures conditions de délai et de coût. Et le deuxième, c’est la mobilité électrique. La métropole ambitionne en effet de décarboner au maximum les transports sur son territoire. Dans ce cadre, nous l’aidons à choisir les bons endroits pour placer les bornes de recharge, également dans les meilleures conditions de délai et de coût.

Sur le terrain, comment cela se traduit-il ?

Plusieurs opérations de grande ampleur ont été menées l’an dernier avec la métropole de Toulouse dont l’inauguration d’un nouveau poste-source à Balma-Gramont (réalisé pour un coût spécifique de 30 M€, NDLR) pour supporter l’accroissement de la consommation électrique sur le territoire. Trois grands projets sont également accompagnés par Enedis dont deux ont déjà été mis en œuvre : la plus grande centrale photovoltaïque urbaine sur le site de l’Oncopole et la mise en service de Téléo, le téléphérique urbain. Ce sont deux manières de transformer le système électrique de la métropole, à la fois par la production d’électricité décarbonée et le développement d’un moyen de transport qui va limiter l’usage de la voiture. Un troisième projet est en cours : il s’agit de la troisième ligne de métro qui va, elle aussi, limiter l’usage de la voiture. Il va nécessiter des infrastructures électriques importantes à la fois pour la phase de travaux, afin d’alimenter en électricité les tunneliers, puis dans la phase définitive, pour alimenter les rames du métro. Cela nécessite de construire de nouvelles lignes pour raccorder les installations et s’assurer que le réseau électrique sur lequel on se raccorde est suffisamment solide, dimensionné, pour supporter ces charges nouvelles.

Agnès Bergon