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141e année

Illumo Robotics place ses robots dans la chaîne logistique

Innovation. La start-up toulousaine développe des cellules robotiques dédiées à la logistique de la grande distribution et du e-commerce.

Prototype du robot conçu par la pépite Illumo Robotics. (Crédit : DR).

Augmenter grâce à des robots intelligents la productivité et la rentabilité de la préparation de commande, telle est la promesse que fait Illumo Robotics à ses clients.

Andréa Ingles et Rémy Saintobert, cofondateurs de l’entreprise Illumo Robotics créée en 2021. (Crédit : DR).

La start-up toulousaine a été créée en janvier 2021 par Andréa Ingles, ingénieur aéronautique, devenue experte en robotique, et Rémy Saintobert, qui a accumulé 15 ans d’expérience dans le développement logiciel, spécialiste des systèmes critiques. Les deux cofondateurs, qui se sont rencontrés à l’IoT Valley, ont donc réuni leurs compétences pour développer une solution robotique dédiée à la logistique dans les secteurs de la grande distribution et du e-commerce. « Illumo Robotics offre une solution de tri robotique qui triple la productivité manuelle la plus efficace, tout en réduisant les coûts opérationnels. Notre technologie permet en effet au robot d’identifier et de manipuler de manière autonome une grande variété des objets inconnus mis en vrac dans un bac », ajoute-t-elle. Venue de l’industrie, Andréa Ingles réfléchissait à une solution robotique, qui permette d’aider les opérateurs dans l’exécution de tâches répétitives tout en valorisant ces mêmes opérateurs. Mais la crise sanitaire a amené le binôme toulousain à s’orienter vers un autre marché.


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« En mars 2020, quand le Covid est arrivé, il y avait trois semaines d’attente pour obtenir ses courses au drive, se souvient Andréa Ingles. Nous avons engagé des discussions avec les patrons de grandes chaînes de supermarché et c’est comme ça que nous avons commencé à développer notre solution. » L’équipe conçoit l’ensemble de la cellule robotique « mais notre valeur ajoutée réside dans le logiciel. Parce que pour qu’un robot soit capable d’identifier et de manipuler des objets très différents en conditionnement, dimensions et poids, c’est un véritable défi technologique ! Depuis quelques années des entreprises comme la nôtre travaillent sur le sujet, pour apporter une flexibilité au robot qui n’existait pas jusqu’à présent. » Aujourd’hui, la start-up adresse le secteur de la logistique dans différents segments de marché : la grande distribution et l’e-commerce (mode, parapharmacie, bricolage, etc). « Notre robot fait du pick and place (prélèvement et dépose), il est capable d’identifier les produits et de les déplacer suivant différentes configurations. Le cas d’usage le plus courant est celui où le préparateur collecte les produits pour différentes commandes. Le robot trie ensuite les produits pour les placer dans des bacs individuels », détaille la jeune femme.

COMMERCIALISATION EN FRANCE ET EN ESPAGNE

La TPE, qui emploie déjà deux salariés – un alternant doit rejoindre l’équipe fin juillet –, amorce la commercialisation de sa solution. « Nous avons reçu plusieurs lettres d’intention et effectué des tests avec une grande chaîne de supermarché et un e-commerçant sur plus d’un millier de produits différents. Nous sommes en train de concrétiser quelques pilotes pour passer au déploiement dans les entrepôts. » Les premiers déploiements devraient avoir lieu d’ici la fin de l’année. Le 5 juillet, à l’occasion de l’événement Time to scale together de la French Tech Toulouse, Illumo Robotics a dévoilé son nouveau prototype.

« Il est transportable, ce qui nous permet de le déplacer dans un entrepôt et de faire une démonstration sur place, détaille Andrea Ingles. C’est un grand pas pour nous parce que cela nous permet d’être beaucoup plus proche de nos clients et de leur montrer que, dans leur entrepôt, cela fonctionne. Cela nous permet de passer à l’étape du pilote beaucoup plus rapidement. » La start-up prospecte le marché français et espagnol. « Nous nous voulons européen. Nous avons également déjà identifié des prospects au Royaume Uni et en Allemagne », précise la présidente. D’ici trois ans, la pépite toulousaine table sur un chiffre d’affaires de 2 M€ et un effectif d’une trentaine de collaborateurs.

Agnès Bergon