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141e année

Jardins d’Occitanie, trésors du Sud-Ouest

Environnement. Autour de son best-seller, le ginseng, la marque de produits de phytothérapie, née en 2017 dans le Sud-Ouest, étoffe sa gamme de nutriments actifs avec des plantes issues de l’agriculture biologique, cultivées en France et transformées localement.

A l’origine, France Ginseng rêvait de produire localement du ginseng, la plante synonyme de vitalité aux propriétés antioxydantes, riche en ginsénosides jusqu’ici produite principalement en Chine. Douze ans plus tard, le pari fou de quatre associés Sylvain Latapie, Thierry Jara, Jean Marc Mateos et Yannick Jauzion est réussi puisque l’entreprise, devenue Jardins d’Occitanie, produit plus de 15 espèces différentes de plantes à parfum, aromatiques et médicinales (PPAM) dans le Sud-Ouest, sur quatre sites. Dix tonnes de plantes ont été récoltées en 2021.


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Vient en tête le ginseng qui représente la moitié de la production, suivi du coquelicot. Actuellement, 26 ha sont exploités à Seysses, près de Toulouse, et dans les Landes à Rion-des-Landes et Sordes- L’abbaye. Un quatrième site est en préparation en Ariège pour éviter les risques liés aux aléas climatiques, sachant que l’an dernier la moitié de la production de coquelicots a été perdue en Nouvelle-Aquitaine. En 2019, l’entreprise, qui avait réalisé un chiffre d’affaires de 500 K€, a enregistré une progression l’année dernière. À la fois producteur français de plantes médicinales bio, expert en physiologie et en transformation végétale (1 M€ ont été investis en R & D depuis 2010), la PME vient de lancer une offre en marque blanche.

Cette année, la récolte a trois semaines d’avance par rapport à l’année dernière et oblige l’entreprise à une réorganisation de la saison. Le coquelicot est une des fleurs au plus gros volume de récolte, arrivant tout juste derrière la production de ginseng. Pendant la période de cueillette, plus de vingt kilos sont récoltés par jour pendant quatre à cinq heures, à raison d’un kilo minimum par heure.

Ouverts dès les premiers rayons du soleil, les pétales sont ramassés tous les matins car très fragiles, les non récoltés tombent au milieu de l’après-midi. Le désherbage manuel est le premier coût de production. Pour le confort des saisonniers, une solution de désherbage allongé a été mise en place grâce à un chariot d’assistance au travail. Ici, dans le champ de pavot de Californie, certaines adventices comme le séneçon sont arrachées. Pour la première année de mise en culture, deux récoltes de pavot ont pu être réalisées.

Les principales étapes de tri, séchage, broyage et conditionnement des infusions et de poudre de ginseng sont effectuées sur place, à Seysses. Le séchage a lieu dans une salle modulable. Un taux d’humidité de 30 % et une température de 40° sont les paramètres nécessaires au bon séchage à froid des fleurs. Deux semaines minimum sont nécessaires pour un bon séchage, trois pour le coquelicot.

Jardins d’Occitanie est un des rares producteurs de plantes médicinales en France. L’entreprise commercialise principalement des compléments alimentaires et des infusions bio labélisées Ecocert. Ses principaux clients sont les pharmacies, les herboristeries et les magasins bio. Les prix de vente sont restés stables, la marque n’ayant pas répercuté de hausse de prix malgré celle des emballages. Les ventes de produits de phytothérapie en France ont augmenté de 21 % depuis le début de la crise sanitaire, celles de Jardins d’Occitanie ont suivi la tendance.

Lydie Lecarpentier