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141e année

Laboratoires Pierre Fabre, 60 ans d’innovation

Industrie. La production du 2ème laboratoire dermo-cosmétique mondial et le 2ème groupe pharmaceutique privé français est un concentré de naturalité made in Tarn.

Fondé il y a 60 ans, par un pharmacien natif de Castres, féru de botanique, le groupe est aujourd’hui détenu à 86% par une fondation reconnue d’utilité publique, la Fondation Pierre Fabre, et possède un portefeuille de gammes et de marques très étoffé : Pierre Fabre Oncologie, Pierre Fabre Dermatologie, Eau Thermale Avène, Klorane, Ducray, René Furterer, etc. Pierre Fabre, qui compte 9600 collaborateurs à travers le monde dont 68% basés en Occitanie, a réalisé en 2021, un chiffre d’affaires de 2,5 Mds€ réparti pour 34% en France et 66% à l’international.

La dermo-cosmétique, distribuée en pharmacie, arrive en tête avec 55% du chiffre d’affaires généré, devant le médicament qui représente 45% du total. L’extraction des principes actifs depuis les plantes est réalisée sur un site industriel dédié à Gaillac. La formulation et le conditionnement des soins dermo-cosmétiques sont effectués sur les sites de production de Soual (Tarn) et d’Avène (Hérault). Depuis 2000, le siège de l’activité dermo-cosmétique est installé aux Cauquillous sur l’emplacement de l’ancienne forêt royale de Gabor, le long de la route de Lavaur. À Castres, sont installés la direction générale et le siège de l’activité Médicaments.

Laboratoires Pierre Fabre, 60 ans d'innovation
(Crédit : L. Lecarpentier)

Plus de 95 % des produits du groupe sont fabriqués dans sept usines situées dans les départements du Tarn, de l’Hérault, du Gers, du Lot et du Loiret comme ici le shampoing énergisant Forticea de la marque Rene Furterer produit par le site dermo-cosmétique de Soual (Tarn).

Le Conservatoire Botanique a été créé en 2001 à Cambounet-sur-le-Sor, à deux pas du site de production de Soual. Sous la direction de Green Mission Pierre Fabre, l’entité responsable du développement durable et de la naturalité du groupe, gère 930 espèces différentes. La serre tropicale abrite 350 espèces dont des orchidées tropicales, la pervenche tropicale, le moringa, et le palmier nain de Floride (serenoa repens). Ces plantes sont utilisées pour élaborer des médicaments, notamment en cancérologie et en urologie, et des soins dermo-cosmétiques. Dans la serre aride, 400 espèces sont conservées dont une collection de plantes provenant de l’arboretum crée par Pierre Fabre à Madagascar. À droite, Hicham Chahtane, responsable du laboratoire de culture in vitro, veille au bon développement et à la préservation des plantes du Conservatoire dont 80 % sont protégées pour maintenir la biodiversité.


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Le site de l’Oncopole de Toulouse accueille le principal centre d’innovation du groupe. Pierre Fabre a investi 136 M€ en R & D pharmaceutique et dermo-cosmétique en 2021. Parmi les équipes présentes à l’Oncopole se trouve le laboratoire de biotechnologie végétale qui développe des actifs innovants destinés aux formules des futurs produits dermo-cosmétiques et de soins bucco-dentaires. À gauche, il s’agit d’une culture cellulaire végétale en bioréacteur, avec agitation douce par mouvements ondulatoires et à droite, d’une culture de microalgues en bioréacteur de type STR (Stirred Tank Reactor). Chaque année, Green Mission Pierre Fabre développe entre trois et cinq nouveaux actifs végétaux bio ou éco-extraits.

Laboratoires Pierre Fabre, 60 ans d'innovation
(Crédit : L. Lecarpentier)

Dans le Tarn, le groupe possède 181 hectares de terres agricoles certifiées bio, localisées dans un rayon de 50 km autour de l’usine gaillacoise. 30 % de ces surfaces sont dédiés à la production de l’avoine Rhealba, de l’hélichryse, du lin, de la menthe aquatique, du calendula, de la mélisse officinale, du bleuet (ci-dessus) et aux essais de nouvelles plantes. Le bleuet a été ensilé à Gaillac au stade optimal de floraison en juillet. Une fois la fleur séchée, l’extraction est réalisée dans l’usine, à 100 m du champ et du séchoir. La récole des 2000 m2 de bleuet fournit une tonne de plantes sèches qui suffit au besoin annuel de la marque Klorane. Les 70 % restants sont exploités pour la rotation des cultures et gérés par des exploitants agricoles partenaires. La naturalité était au coeur du projet du fondateur du groupe, et plus de 60% des produits vendus contiennent toujours des actifs issus de la nature. 75 % des plantes utilisées sont cultivées sans traitements phytosanitaires.

Lydie Lecarpentier