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141e année

Mirouze Nettoyage, la preuve par l’exemple

Services. La réputation de cette petite entreprise de nettoyage n’est plus à faire sur la place toulousaine. Pour cause, elle existe depuis 44 ans. Jean-Marc Duval a repris les commandes il y a quelques mois. Il entend bien apporter un nouveau regard sur l’univers du nettoyage.

Jean-Marc Duval a repris l’entreprise en 2020. (Crédit : DR).

Précarité, travaux pénibles, salariés sous pression, le secteur du nettoyage industriel n’est pas un monde de bisounours. Jean-Marc Duval connaît bien ces poncifs, il a toujours évolué dans ce secteur d’activité. Autodidacte, il s’est taillé un parcours surmesure qui mérite d’être retracé. Démonstration : à 16 ans, titulaire d’un CAP d’électricien, il rejoint l’entreprise Onet et travaille au poste d’ouvrier nettoyeur pendant sept ans pour le compte de l’usine Ratier à Figeac. Il apprend les rudiments du métier, l’envie de progresser se fait sentir. Il devient rapidement chef d’équipe puis inspecteur. Après avoir suivi quelques formations à l’Inhni de Villejuif (centre de formation en hygiène) en 1998, il prend la direction d’une agence et développe l’activité de Toulouse à Tours en passant par Bordeaux. Il restera trois ans à ce poste, l’entreprise est alors rachetée par Derichebourg.


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Jean-Marc Duval prend un autre chemin, il décide de créer son propre garage, DB Automobiles à Saint-Alban. Puis, de nouveau, il revient dans l’univers de la propreté. Le hasard fait bien les choses, il entend parler d’une entreprise familiale à vendre. C’est exactement ce qu’il souhaitait. En décembre 2020, il rachète Mirouze.

DANS LA PEAU DE L’ENTREPRENEUR

« Je cherchais depuis longtemps, une entreprise avec des valeurs humaines et un chiffre d’affaires compris entre 700 K€ et 1 M€. » Aidé par le réseau Entreprendre Occitanie- Garonne, Jean-Marc Duval n’aura aucun mal à obtenir un crédit qui viendra s’ajouter au prêt à taux zéro consenti par le réseau Entreprendre. Avec 30 salariés dont 20 équivalents temps plein, le dirigeant continue à structurer l’entreprise. Il vient de recruter un chef d’équipe en charge du suivi de la qualité. Il s’est entouré d’un alternant en école de commerce afin de muscler sa communication sur les réseaux sociaux. Sur son site Internet, l’entreprise se démarque en proposant, par exemple, des astuces pour nettoyer les joints de salle de bain.

Autre axe important de communication, la responsabilité environnementale de l’entreprise. Jean-Marc Duval choisit ses produits certifiés Ecolabel chez Eyrein à Tulle. « J’ai toujours travaillé avec ces fournisseurs. Les clients sont de plus en plus sensibles aux produits utilisés. » Ses atouts ? Sa force ? Des clients fidèles depuis le début de Mirouze à l’image du syndic Dalas ou du cabinet comptable BGH. « Je ne vais pas sur les marchés publics, il y a trop de concurrence avec des sociétés qui vendent à prix tirés », explique Jean-Marc Duval. Les travaux chez les particuliers (vitres, remise en état d’appartement, nettoyage des sols…) représentent 15 % du chiffre d’affaires. « J’ai plus de 200 clients, c’est un gros avantage. Si je perds un contrat, j’en retrouve facilement un autre, c’est un choix stratégique. »

Jean-Marc Duval table sur un CA de 720 K€. Innover dans le métier est essentiel pour l’entrepreneur qui va piocher ses idées à Paris au salon Europropre mais aussi auprès de ses clients. « Je réfléchis sans cesse au moyen de proposer des services supplémentaires. J’ai beaucoup de demandes pour les locations saisonnières, par exemple. C’est en discutant qu’on découvre de nouvelles niches. » Le marché du nettoyage a entamé sa mue. Jean-Marc Duval vous dira qu’il y a de la place pour tout le monde mais que les petites sociétés s’en sortent bien grâce à leurs qualités d’écoute et de suivi de la clientèle.

Dorisse Pradal