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Pénurie de main-d’oeuvre : YéO frais recrute sans CV

Agroalimentaire. L’industriel lance une opération innovante : les vendredis recrutement.

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L'usine de YéO frais
La production de lait du collectif d’éleveurs haut-garonnais de la Brique rose a débuté le 29 novembre dans l’usine de YéO frais. (Crédit : FABIEN FERRER)

Spécialisée depuis plus de 90 ans dans la conception, la production et la transformation de yaourts et de crèmes fraîches, essentiellement pour des marques de distributeurs, l’entreprise YéO frais, comme de nombreuses entreprises en France, n’arrive plus à recruter pour faire face à ses besoins de main-d’oeuvre. Au point que, face à la pénurie de candidats, l’entreprise, qui emploie dans ses locaux de l’avenue de Fondeyre à Toulouse 230 personnes, a dû prendre des décisions drastiques, à savoir couper des lignes de production. « Annoncer à nos clients que nous ne pourrons pas les servir parce que nous n’avons pas les ressources internes pour produire, c’est du jamais vu », affirme ainsi Jérôme Servières, son directeur général.


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D’où une décision radicale prise récemment par l’industriel de l’agroalimentaire qui réalise 110 M€ de chiffre d’affaires : recruter sans CV ni formation. « Il faut être aspirationnel et attractif : nous devons nous remettre en question dans notre recrutement, repenser nos fondamentaux et trouver des arguments pour donner envie aux candidats de venir travailler chez nous, plutôt que chez l’industriel d’à côté. Il en va de notre survie ! » poursuit Jérôme Servières.

ENTREPRISE EN PÉRIL

De fait, assure-t-on du côté de YéO frais, c’est « la pérennité » même de l’entreprise qui se trouve menacée, tandis que ces difficultés « sont amplifiées par le contexte de ZFE imposée par Toulouse Métropole » – au sein de laquelle se trouve l’usine – et « par la méconnaissance des postes opérationnels proposés par l’usine ». L’entreprise lance en ce mois de janvier une campagne de recrutement « coup de poing », les vendredis recrutement. Le principe est simple : tous les vendredis à 9 heures, l’usine ouvre ses portes à tous les candidats, sans rendez-vous, sans CV, sans formation.

La seule contrainte : se rendre au 23 avenue de Fondeyre à Toulouse où ils visiteront l’usine, pourront appréhender le métier de conducteur de machines et échanger avec les équipes de terrain en direct. « Ensuite, nous nous chargerons de les former. Le seul risque qu’ils prennent, c’est de repartir avec un CDI ! », appuie Gratien Degenève, directeur des ressources humaines de Yéo frais. L’industriel, qui a lancé il y a cinq ans sa marque de yaourts locaux YOgourmand, fabrique depuis peu La Brique Rose, lait issu d’un collectif d’éleveurs haut-garonnais (lire notre édition du 5 décembre).