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141e année

Cabashop : livraison de courses entre voisins

Alimentation. Yohann Marconato vient de lancer une application qui permet à des voisins ou collègues de mutualiser la livraison de courses alimentaires.

Cabashop : livraison de courses entre voisins
(Crédit : DR)

Une application mobile gratuite basée sur la livraison de courses communautaire et collaborative, tel est en substance le projet Cabashop initié par un fils d’artisan boucher, Yohann Marconato (à gauche sur la photo). « C’est une démarche sociale, inspirée de mon enfance, dans la boucherie de mon père à Tournefeuille, où j’allais moi-même livrer des personnes âgées. Ce type de service s’organisait aussi auparavant via des petites annonces déposées par les clients eux-mêmes sur le comptoir. J’ai de nouveau repéré cette pratique plus tard dans un village à l’autre bout de la France, que j’ai décidé de remettre au goût du jour via le numérique », explique le fondateur, qui a en poche un diplôme de manager spécialisé en marketing de l’innovation de l’ICD Business School.


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Ancien responsable marketing pour l’Agent d’Artisans et directeur d’agence de Cegelem à Toulouse, il planche sur l’application à ses heures perdues, avant de se consacrer pleinement à son projet et de s’associer avec deux amis en 2021, que sont Jules Bouffart et Michaël Lucas. Le trio, qui a intégré l’incubateur toulousain 1Kubator, a déjà réalisé une levée de fonds de 25 K€, laquelle a permis la création de la première version. La pépite s’apprête à s’installer au sein du Marché d’intérêt national de Toulouse Occitanie. « L’équipe du MIN recherche des solutions dans le milieu de la foodtech, et va nous aider à nous faire connaître auprès des commerces toulousains, en parallèle de notre accompagnement par la chambre des métiers », précise Yohann Marconato.

Quatre commerces sont déjà partenaires de l’application

Le cofondateur se réjouit du succès déjà rencontré par Cabashop, qui depuis son lancement, réunit déjà une centaine d’utilisateurs. « Un nombre qui a dépassé nos espérances en deux semaines. » De fait, l’application, qui permet de mettre en relation les clients, pour partager des livraisons de courses réalisées auprès d’artisans (fromagers, bouchers, poissonniers, boulangers, primeurs et magasins bios) en échange de réduction sur leur panier d’achats, tisse son réseau dans le centre de Toulouse. Les entrepreneurs envisagent d’étendre rapidement la zone de chalandise aux départements limitrophes dont le Gers dès octobre et à d’autres agglomérations françaises dont Marseille dès 2023. « Un déploiement dans les pays francophones est aussi envisagé ainsi que dans d’autres pays européens comme l’Allemagne, où j’ai vécu, ou les pays nordiques qui adoptent facilement ce genre de pratique ».

Yohann Marconato espère également séduire des entreprises dans l’espoir qu’elles proposent ce concept à leurs collaborateurs. Quid du fonctionnement ? « La personne qui va faire ses courses le signale sur l’application, ce qui permet à d’autres membres de passer commande afin d’être livrés. Le paiement en ligne de la commande est transféré au moyen d’un scan du ticket de caisse. Le particulier, qui livre, bénéficie d’une contrepartie financière. » Quatre commerces sont déjà partenaires de l’application – avec trois autres de plus dans les semaines à venir – dont l’enseigne Bio c’Bon. Avec son équipe, le fondateur développe des fonctionnalités supplémentaires prévues pour cet automne. De beaux projets donc sur la table pour les entrepreneurs, qui actuellement en phase de recrutements d’alternants pour la partie communication et technique, visent 4 600 utilisateurs par mois et 380 K€ de CA fin 2023.

Jennifer Legeron