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141e année

Hector Le Collector de biodéchets

Environnement. Valentin Famose et Quentin Saieb ont fondé Hector Le Collector, un service de collecte des biodéchets en centre-ville en vue de leur valorisation.

Valentin Famose et Quentin Saieb, les fondateurs d'Hector Le Collector.
Valentin Famose et Quentin Saieb, les fondateurs d’Hector Le Collector.

Quentin Saieb était habitué depuis l’enfance à trier les biodéchets en vue de leur valorisation dans le composteur familial. Une fois arrivé à Toulouse, l’étudiant s’est demandé comment faire pour continuer à pratiquer cet écogeste. Face à l’absence de solution, ce diplômé d’un master en développement logiciel de l’université Paul Sabatier a commencé à gamberger. Et a imaginé un dispositif à plus grande échelle pour permettre aux professionnels de collecter ces déchets de cuisine en vue de leur valorisation. Il s’en est ouvert à son ami Valentin Famose, diplômé de l’Institut supérieur européen de gestion (Iseg), dirigeant de Morning, une maison d’édition de jeux de société toulousaine, et ensemble, en juin 2020, ils ont décidé de créer Hector Le Collector. Plutôt qu’ils ne soient brûlés dans les usines d’incinération, les déchets collectés par Hector Le Collector sont désormais stockés à L’Union avant d’être évacués, deux fois par semaine, par Cler Verts, une société basée à Bélesta-en-Lauragais, spécialisée dans la valorisation des biodéchets par méthanisation.

« On a commencé par un petit composteur installé dans le jardin de Valentin, explique Quentin Saieb, le temps d’avoir suffisamment de volume nous permettant de travailler en méthanisation. » Car rapidement, les deux entrepreneurs ont convaincu restaurateurs, entreprises et cantines scolaires de s’engager dans la démarche. « Au début, nous faisions une centaine de kg par mois, dans un contexte difficile, le début du Covid. Aujourd’hui, nous disposons d’un entrepôt de 200m2. Nous avons acquis un premier véhicule électrique qui nous permet d’effectuer les tournées au quotidien et nous collectons 10 tonnes par mois sur Toulouse et sa métropole. » La jeune pousse, qui a été aidée financièrement par Initiative Haute-Garonne et Créalia en région, a développé des coffres en bois bien identifiables. « L’objectif, c’est que ce soit simple, au plus près des gens pour qu’ils y pensent et que cela ne soit pas un frein de faire le tri, détaille Quentin Saieb. Nous voulions aussi faire quelque chose de très différenciant, de joli, qu’on ne cache pas dans le local à poubelle mais qu’on soit fier, au contraire, d’installer en plein milieu de la salle de pause ou de la cantine. Et de fait, on constate qu’il y a beaucoup moins d’erreur de tri. Les gens jouent le jeu. » Pour éviter tout risque de nuisance, la pépite impose à minima une collecte par semaine à ses clients.

Hector Le Collector ne s’adresse aujourd’hui qu’aux professionnels, mais réussit par ce biais à sensibiliser aussi les particuliers qui peuvent apporter leurs biodéchets de la maison sur leur lieu de travail. C’est ce que font déjà 40 % des collaborateurs des entreprises où Hector Le Collector s’est implanté, parmi lesquelles Altran, Pierre Fabre, GRDF et des PME toulousaines. Et pour inciter un maximum de gens à trier, la jeune pousse, experte de la collecte du premier kilomètre, facture non au volume mais au nombre de passage, à partir de 40 € par semaine pour une entreprise et de 20 € pour un restaurant. La start-up prend ensuite à sa charge le coût de la méthanisation. Les deux jeunes entrepreneurs, qui ont déjà une cinquantaine de clients, entendent cibler de nouveaux gisements de déchets, notamment dans le domaine de l’événementiel, chez les traiteurs, etc. Leur ambition est de recruter deux personnes d’ici la fin de l’année, avant d’envisager un développement en région puis au national d’ici un an.

Agnès Bergon