Nuit du Droit : ce lundi 5 octobre, la justice ouvre ses portes pour renouer les liens avec les citoyens
Événement. Alors que la confiance des Français dans la justice reste fragile, la 9e édition de la Nuit du Droit, ce lundi 5 octobre, entend rapprocher les citoyens de l’institution. À Toulouse, Montauban et Saint-Gaudens, magistrats, avocats, universitaires et autres professionnels du droit multiplieront les rencontres, débats et animations pour rendre la justice plus accessible et plus compréhensible.
Moins d’un Français sur deux (49 %) dit avoir confiance dans la justice. C’est ce qu’indique une grande enquête menée par les services statistiques de la Chancellerie publiée en octobre 2025. Parmi les griefs qui lui sont adressés, la justice est ainsi souvent jugée « trop lente (86 %), chère (74 %), peu compréhensible (78 %), pas assez sévère (68 %) et inégale dans le traitement des citoyens (69 %) » [1].
Cette crise de confiance n’est cependant pas nouvelle. En 2008, alors que ce désamour était bien moins marqué [2], à l’occasion de la publication de son rapport annuel d’activité, le Conseil supérieur de la magistrature s’interrogeait déjà sur les causes de cette défiance et les remèdes à y apporter.
À l’époque, parmi les raisons qui expliquaient ce hiatus entre l’opinion publique et l’institution, les magistrats pointaient « un véritable problème de communication ». En conséquence, écrivaient les auteurs du rapport, « la justice devra se rendre plus accessible, plus compréhensible, plus lisible ». Ils faisaient ainsi le vœu d’une justice « plus ouverte sur l’extérieur ».
Rapprocher les citoyens de la Justice, c’est justement l’ambition de la Nuit du Droit dont la 9e édition se déroule ce lundi 5 octobre. L’événement a été lancé en 2017 par Laurent Fabius, alors président du Conseil constitutionnel. Organisé chaque année au début du mois d’octobre, il vise à célébrer l’anniversaire de la Constitution française du 4 octobre 1958, le texte fondateur de la Ve République.
Un droit vivant et accessible ?
De fait, la Nuit du Droit offre chaque année au citoyen l’occasion unique de discuter sans barrière avec les professionnels du droit qu’ils soient universitaires, avocats, juges, greffiers, notaires, commissaires de justice ou historiens… Depuis sa création, l’événement connaît un succès grandissant tandis que sa programmation s’étoffe. Les juridictions multiplient en effet les initiatives pour attirer un public de plus en plus nombreux et de plus en plus jeune et lui permettre de découvrir cet univers encore mal-connu.
« Le droit est une matière souvent perçue comme austère ou rigide. Il façonne pourtant notre vie démocratique et protège nos droits et nos libertés », rappelle Richard Ferrand, actuel président du Conseil constitutionnel. Et d’ajouter :
Dialoguer avec ceux qui exercent le droit, c’est aussi mesurer son rôle essentiel dans notre société. »
Des animations à Montauban, Saint-Gaudens et Toulouse
Cette nouvelle édition de la Nuit du Droit se déroule partout en France, y compris en Occitanie, où les propositions ne manquent pas. À Toulouse notamment, où le public n’aura que l’embarras du choix mais aussi à Saint-Gaudens et à Montauban.
Dans la Cité d’Ingres, le tribunal judiciaire, le conseil départemental de l’accès au droit (CDAD) du Tarn-et-Garonne, en partenariat avec l’antenne locale de l’Université de Droit de Toulouse Capitole, organisent dans les locaux de la juridiction 5 place du Coq à partir de 19 heures une rencontre avec des professionnels du droit. Face au public, avocats, magistrats, greffiers, notaires, commissaires de justice, universitaires présenteront leur métier, ses enjeux et son évolution et répondront aux questions.
Dans le Comminges, le tribunal judiciaire de Saint-Gaudens, situé place du Palais, en partenariat avec la mairie, organise de 14 heures à 17 h 30 un forum des métiers du Droit où les divers professionnels feront découvrir leurs parcours et leurs missions. De quoi peut-être faire naître des vocations. Autre temps fort, de 18 h 30 à 20 heures, à l’occasion d’un atelier-débat, Christophe Amunzateguy, procureur de la République, répondra aux questions du public sur le fonctionnement de la justice.
Procès fictif et droits de l’homme
Mais c’est évidemment dans la Ville rose que les propositions sont les plus nombreuses. Le tribunal judiciaire et le CDAD de la Haute-Garonne, en partenariat avec l’École de droit – Université Toulouse Capitole, la cour administrative d’appel et le tribunal administratif, proposent ainsi un procès fictif pour revenir sur de grandes affaires résolues par les juridictions (amphithéâtre Raynaud à 17 heures).
Le jury sera composé pour l’occasion de professeurs de l’Université, Jean-Gabriel Sorbara, Sébastien Saunier et Gregory Kalflèche, du président de la cour administrative d’appel, Jean-François Moutte, de la présidente du tribunal administratif de Toulouse, Fabienne Billet-Ydier, ainsi que des avocats Guillaume Brouquières et Vincent Faivre-Vilotte. Amphithéâtre Hébraud à 18 h 30, c’est à un concours d’éloquence que le public sera convié. Il est organisé par l’École de Droit et la Conférence du Barreau de Toulouse.
De son côté, l’Institut catholique de Toulouse, 31, rue de la Fonderie (salle Léon XIII), organise un ciné-débat autour de la projection du film La Controverse de Valladolid. Adapté de l’œuvre de Jean-Claude Carrière, ce long-métrage de 1992 met en scène l’un des plus grands affrontements théologiques et juridiques de l’histoire occidentale.
À l’issue de la projection, suivra un débat, avec les doyens de la Faculté de Droit canonique et de la Faculté libre de Droit de Toulouse. Avec au cœur des discussions les grandes questions éthiques qui résonnent encore avec force aujourd’hui : la reconnaissance de l’altérité culturelle, les critères de la « guerre juste » et la protection universelle de la dignité humaine (événement ouvert à tous, sur inscription préalable en cliquant ici).