Toulouse : nos quatre idées sorties pour ce samedi 7 et dimanche 8 février
Culture. Une exposition venue tout droit de l’espace, un concert de musique sacrée à la Halle aux Grains, une pièce coup de poing sur la liberté de la presse à l’Aria et, pour finir, une immersion dans l’univers unique de Salvador Dalí… Voilà le programme de ce week-end culturel dans la Ville rose.
En route pour la mission Epsilon
En attendant le départ imminent de Sophie Adenot, notre jeune astronaute française, vers la station spatiale internationale (ISS), prévu le 11 février prochain, la Cité de l’Espace à Toulouse ouvre ce vendredi 6 février une nouvelle exposition immersive dédiée à sa mission. Un quart de siècle après Claudie Haigneré, Sophie Adenot est de fait la deuxième femme française à rejoindre l’ISS, sur les 10 astronautes français ayant séjourné dans l’espace.
À bord de ce laboratoire en orbite grand comme un terrain de football et situé à 400 km d’altitude, la quadragénaire doit mener pour le compte de l’Agence spatiale européenne (ESA) quelque 200 expériences scientifiques. D’une durée de huit mois, la mission Epsilon vise en effet à enrichir les connaissances dans les domaines de la physiologie et de la santé, mais aussi à éprouver de nouvelles technologies afin de préparer le futur, en particulier les explorations habitées vers la Lune ou Mars.
Créée avec la participation de l’ESA et du CNES, avec le soutien de l’entreprise toulousaine Comat, l’exposition permettra de suivre au plus près cette aventure aussi bien scientifique qu’humaine. Le visiteur pourra ainsi connaître en temps réel la position de l’ISS, visionner des vidéos mises à jour régulièrement présentant les moments forts de la mission telles que les sorties extra-véhiculaires et les différentes expériences menées par l’astronaute.
L’exposition, qui se veut également éducative, mettra en lumière plusieurs d’entre elles, liées au suivi médical mais aussi aux technologies innovantes. Parmi ces dernières, les visiteurs pourront suivre celle dénommée ChlorISS. À bord de la station, la scientifique aura pour tâche de faire germer des graines d’arabette des dames et de mizuna et d’étudier l’impact de la gravité et de la lumière sur la croissance des plantes. Une expérience reproduite en même temps dans 4 000 établissements scolaires.
Mission Epsilon, à partir du 6 février à la Cité de l’Espace, avenue Jean Gonord à Toulouse. Ouvert du lundi au vendredi de 10 heures à 18 heures. Pour plus d’information et réserver vos places, cliquez ici.
Le Gloria et le Sabat Mater de Poulenc à la Halle aux Grains
Le chef catalan Josep Pons, actuel directeur musical au Gran Teatre del Liceu de Barcelone, revient le samedi 7 février à la Halle aux grains diriger l’Orchestre national du Capitole de Toulouse. Au programme de ce concert unique : deux chefs-d’œuvre de Francis Poulenc, le Gloria et le Sabat Mater. Deux pièces sacrées qui évoquent tantôt les pleurs de Marie endeuillée, tantôt un Dieu en majesté.
Dans les deux cas c’est tout l’art choral et le raffinement de Francis Poulenc (1899-1963) qui est mis en lumière. Le pianiste et compositeur couche sur le papier la partition du Sabat Mater en 1950, alors qu’il vient de perdre un ami cher. Composé en l’espace de trois mois seulement, cet hymne dédiée à la Vierge de Rocamadour est écrit pour soprano solo, chœur mixte et orchestre. Dix ans plus tard, c’est le Gloria qu’il compose, l’une de ses dernière œuvres sacrées, mais aussi l’une des ses plus populaires. Chant de louange, le Gloria tranche avec le Sabat Mater, œuvre de lamentation, et offre une expression de la foi dans toute sa jubilation
Sur la scène de la Halle aux Grains, l’orchestre sera rejoint par le chœur basque Orfeón Donostiarra, placé sous la direction de José Antonio Sainz Alfaro. Composée d’amateurs, autrement dit de passionnés, la formation est considérée comme l’un des principaux ensembles vocaux en Europe. Elle sera accompagnée par la soprano catalane Lauranne Oliva. Native de Perpignan, la jeune chanteuse a été nominée dans la catégorie « révélation lyrique » aux Victoires de la Musique classique 2024.
Sabat Mater et Gloria de Poulenc par l’Orchestre du Capitole, à la Halle aux Grains, 1, place Dupuy à Toulouse, le samedi 7 février à 20 heures. Pour plus d’information et réserver vos billets, cliquez ici.
Femme non-rééducable à l’Aria où le combat pour la vérité
Connue pour son opposition féroce à Vladimir Poutine, récompensée pour sa couverture de la guerre en Tchétchénie, la journaliste russe Anna Politkovskaïa est retrouvée assassinée dans le hall de son immeuble de Moscou en 2006. Son combat pour faire éclater la vérité est le fil rouge de la pièce de Stefano Massini, Femme non-rééducable, à l’affiche d’Odyssud ce vendredi 6 février. Le spectacle est un montage de six années de notes, d’articles, d’interviews, de révélations, confessions, témoignages, dénonciations, lettres… recueillis sur le terrain par Anna Politkovskaïa. Le tout a été réécrit par le dramaturge italien, dans un style au rasoir, précis, incisif, pour mettre en relief le contenu et immerger le spectateur dans le quotidien de la journaliste.
« J’ai toujours pensé que la vérité était plus importante que mon destin. » Sa parole, libre, puissante, témoin encore vivace de son engagement et de son courage, hante la mise en scène de Tadrina Hocking. Les comédiens Caroline Rochefort et Pierre Berçot retracent avec dignité et retenue ce destin hors du commun qui a marqué les consciences.
C’est au lendemain de l’invasion de l’Ukraine par les troupes russes que Caroline Rochefort, fondatrice de la Chouette Compagnie, a décidé de relire les écrits d’Anna Politkovskaïa à travers le recueil qu’en avait fait Stefano Massini un an après son assassinat. « Plus que jamais, ce que nous avait dit la journaliste est d’actualité. Il est urgent de rappeler ses messages », confiait la comédienne au Monde en octobre 2025, le quotidien qui salue « une vibrante pièce pour la défense de la liberté de la presse ». « Un spectacle puissant et utile qui rend hommage à une figure héroïque », écrit de son côté Le Parisien.
Femme non rééducable, à l’Aria 1 rue du 11 novembre 1918, à Cornebarrieu, le vendredi 6 février à 20 h 30. Pour plus d’informations et acheter vos billets, cliquez ici.
Dalí, l’artiste total
C’est une parenthèse culturelle aussi rare qu’inattendue qui s’apprête à tirer sa révérence. Niché dans l’hypercentre piétonnier de Toulouse, à deux pas du Capitole, l’Hôtel Albert 1er - maison de famille indépendante transmise depuis trois générations - accueille jusqu’à ce dimanche 8 février une exposition exceptionnelle consacrée à Salvador Dalí. Dans deux salles adjacentes, l’artiste surréaliste se dévoile sous des formes multiples, à travers des œuvres originales issues de collections privées, rarement exposées en France.
Sculptures en bronze et en cristal, lithographies, livres, porcelaines et céramiques composent un parcours foisonnant, fidèle à l’esprit d’innovation et de réinvention cher à Dalí. Bien plus qu’un peintre, l’artiste catalan apparaît ici comme un créateur aux mille visages : sculpteur, illustrateur, cinéaste, homme de publicité et de design, génie excentrique ayant fait de sa vie une œuvre d’art totale. Influencé par les théories de Sigmund Freud et fasciné par le subconscient, il déploie une créativité virtuose, aussi stimulante intellectuellement que visuellement.
L’exposition se structure autour de six thèmes : du jeu et de la divination aux volumes et à la lumière, en passant par l’art du bas-relief, l’alchimie des livres, l’univers de la publicité ou encore les plaisirs de la table. Un concentré de l’inépuisable imagination du maître du surréalisme, à découvrir ou redécouvrir avant qu’il ne soit trop tard !
Dalí s’invite à Toulouse, une exposition à découvrir à l’Hôtel Albert 1er, 8 rue Rivals. Samedi 7 et dimanche 8 février, de 10 heures à 20 heures. Jauge maximum de 35/40 personne par créneau horaire. Pour plus d’informations et réserver, cliquez-ici.