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Thermalisme : Régions de France s’oppose au transfert de 200 M€ vers les complémentaires santé

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Représentation du centre thermal
Le centre thermal En Occitanie, plus de 148 000 patients ont suivi une cure conventionnée sur prescription médicale l’an dernier. Le thermalisme représente plus de 460 M€ de retombées directes et indirectes pour le territoire. Ici les thermes de Luchon. (©Thermes de Luchon)

Le thermalisme est dans le viseur du Gouvernement. Le 8 octobre 2026, dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, l’exécutif a annoncé le transfert de 200 M€ de dépenses liées aux cures thermales de l’Assurance maladie vers les complémentaires santé, à compter de 2027. Une décision prise alors même que la Haute Autorité de santé (HAS), saisie en février dernier par la ministre de la Santé pour évaluer le service médical rendu des cures, ne doit rendre ses conclusions que fin 2027.

À la tête de Régions de France, Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, appelle les parlementaires à rejeter cette mesure. L’association d’élus y voit un déremboursement de fait, les complémentaires santé n’ayant aucune obligation de prendre en charge ces soins. Elle rappelle que le Parlement avait déjà rejeté, fin 2025, un précédent projet de déremboursement partiel.

Au-delà de la prise en charge des patients, Régions de France alerte sur les conséquences économiques d’une telle décision. À l’échelle nationale, la filière thermale représente 25 000 emplois, 4,8 Md€ de retombées économiques et 220 M€ de taxes et cotisations sociales reversées à l’État. Le pays compte 88 stations thermales et plus de 470 000 curistes.

En Occitanie, plus de 148 000 patients ont bénéficié l’an dernier d’une cure conventionnée sur prescription médicale. La filière génère plus de 460 M€ de retombées directes et indirectes.

« Les cures thermales ne sont ni un luxe ni un simple confort, mais une composante d’avenir du système de santé français et un outil de prévention reconnu », défend Régions de France. L’association met également en garde contre le recours à des alternatives qu’elle estime moins efficaces et beaucoup plus coûteuses, comme les traitements médicamenteux chroniques, les séances répétées de kinésithérapie ou les hospitalisations.

Enfin, l’organisation souligne l’ancrage territorial de cette activité : 90 % des stations thermales sont implantées dans des communes de moins de 10 000 habitants. Hébergement, restauration, commerces et fournisseurs locaux bénéficient directement de cette économie. Pour les élus régionaux, l’avenir du remboursement des cures thermales dépasse ainsi la seule question de la dépense de santé : il engage aussi l’activité et l’emploi de nombreux territoires ruraux.