Emploi cadre en Occitanie : les recrutements attendus en hausse en 2026
Emploi. À l’occasion de son bilan annuel, l’Apec est revenue sur les chiffres des recrutements de cadres en 2025 en Occitanie, en légère baisse de 3 % par rapport à 2024. Mais l’Association pour l’emploi des cadres se veut confiante pour l’année en cours et anticipe un retour à la hausse, malgré un contexte économique national et international anxiogène.
En 2023, le marché de l’emploi des cadres a enregistré, au niveau national, 330 000 recrutements. Depuis, l’Association pour l’emploi des cadres (Apec) est restée prudente quant à l’évolution de ses prévisions. Mais, lors d’une conférence de presse tenue le 2 avril dernier, sa déléguée régionale, Cyrille Longuépée, s’est cette fois-ci montrée plus optimiste.
Les recrutements devraient en effet repartir à la hausse en 2026, selon les résultats de l’étude publiée le même jour par l’organisation paritaire fondée en 1975. Pour l’Occitanie, elle prévoit ainsi une augmentation du volume de recrutements de 6 %, passant de 18 340 à 19 500 en un an. À l’échelle hexagonale, l’Apec prévoit par ailleurs une augmentation de 3 %.
2 recrutements sur 3 dans les TPE-PME
Malgré une croissance française peu dynamique, attendue autour de 1 % au total pour 2026 par le gouvernement, les besoins en main-d’œuvre des entreprises occitanes restent importants en raison d’un niveau d’investissement en légère hausse : +1,3 % pour l’industrie, +0,3 % pour la construction et +2,6 % pour les services marchands. C’est dans ce contexte que l’Apec publie ses prévisions sur le marché de l’emploi des cadres.
« L’obligation d’aider à la réussite des recrutements fait partie de notre mandat de service public, et nous sommes particulièrement présents pour les TPE-PME », détaille Cyrille Longuépée. Sur les 19 500 recrutements annoncés en 2026 pour le territoire, 33 % concernent les ETI contre 66 % pour les PME, soit 13 120 pour ces dernières. En 2025 déjà, un cadre sur deux travaillait dans une petite entreprise. « Quand on parle de l’Occitanie, on pense souvent aux poids lourds de l’aéronautique comme Airbus, mais nous constatons qu’il y a plus de cadres dans les TPE de la région (16 %) que dans la moyenne nationale (14 %) », souligne l’intéressée. À noter que la Haute-Garonne est le département avec la plus faible part de cadres dans les petites sociétés : seulement 36 %.
Cette année, l’Occitanie se hisse à la troisième place des régions françaises avec le plus grand volume de cadres en activité : 268 510 personnes, soit 7 % du volume national. Dans le détail, 44 % d’entre eux travaillent dans les services à haute valeur ajoutée, incluant le numérique, l’ingénierie, la banque et le conseil ; 20 % dans l’industrie ; 19 % dans les services internes à l’entreprise, comme la logistique ou l’entretien ; 12 % dans le commerce et 5 % dans la construction.
L’étude révèle par ailleurs que la moitié des cadres occitans sont employés en Haute-Garonne, avec 139 910 postes. « Pour 2026, nous prévoyons 40 % des recrutements dans les services à forte valeur ajoutée, un quart dans les services internes, 17 % dans l’industrie, 11 % dans le commerce et 4 % dans la construction », détaille Cyrille Longuépée.
80 % des cadres veulent rester en Occitanie
La déléguée régionale de l’Apec explique cette dynamique par l’attractivité de la région : « Nous avons de nombreux jeunes diplômés qui s’y installent et qui veulent y rester : le taux d’attachement y est de 80 % ». Cependant, la moyenne d’âge des cadres en 2025 était de 43 ans, avec 65 % d’hommes et 35 % de femmes, contre respectivement 62 % et 38 % à l’échelle nationale.
Si le cadre de vie permet en effet d’attirer et de fidéliser les salariés, Cyrille Longuépée souligne que le télétravail est également un argument de poids : « Nous avons 78 % des cadres qui refusent sa suppression, et la moitié d’entre eux se dit prête à aller voir ailleurs si c’est le cas. »
De même, les recruteurs misent sur la valorisation des salaires, que l’Apec préconise d’ailleurs d’afficher sur les offres d’emploi afin d’attirer les talents. « Dans notre dernier baromètre, nous soulignons que les salaires des cadres en région Occitanie restent moins attractifs : le salaire médian est de 50 K€, contre 55 K€ dans le reste de la France », enchérit Corinne Saurat, consultante régionale relations entreprises. Enfin, l’équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle figure dans le top 3 des attentes.
Enfin, selon Cyrille Longuépée, la plus grande surprise reste le rebond du recrutement des cadres dans les métiers du numérique : « L’informatique est l’un des trois piliers du marché de l’emploi, en particulier en Occitanie, où la transformation numérique des petites et moyennes sociétés influence la dynamique du secteur ». Une trajectoire qui n’est d’ailleurs pas freinée par le développement de l’intelligence artificielle. « L’IA va profiter à des profils très expérimentés comme les responsables SI, les chefs de projet et les architectes SI », précise Corinne Saurat.
« Réalisé auprès de 709 établissements de la région, ce travail s’est étendu du 12 novembre 2025 au 30 janvier dernier et est donc antérieur à la guerre au Moyen-Orient. Tandis que l’actualité internationale impacte l’économie et le marché de l’emploi, nous n’écartons pas la possibilité de réaliser une nouvelle étude d’ici peu », conclut Cyrille Longuépée.