Le toulousain Cycles du Midi mise sur un vélo cargo low-tech et made in France
Mobilité. Nouveau venu sur un marché des vélos cargos en plein essor, l’entreprise Cycles du Midi fabrique et commercialise un cycle biporteur avec une production à faible impact carbone et un entretien facile et peu coûteux. Le Toulousain envisage à moyen terme de multiplier par cinq sa production annuelle.
La roue tourne à Toulouse ! Nouvel acteur dans un milieu des constructeurs de vélo cargo qui s’ouvre peu à peu, Cycles du Midi rêve de succès et lance son nouveau biporteur, avec ou sans moteur électrique. L’entreprise, installée à Jolimont, espère vendre 50 à 100 vélos par an. Un chiffre ambitieux alors même que le marché en est encore à ses prémices.
Co-fondée en 2023 par Ange Padovani, ancien ingénieur aéronautique chez Latecoere, avec un soutien de 20 K€ de l’Ademe [1], la jeune pousse propose un vélo fabriqué à partir de pièces issues à plus de 80 % de France et à moins de 150 kilomètres autour de Toulouse. Ce deux-roues doit permettre de remplacer la voiture en zone urbaine, une solution de mobilité déjà bien ancrée dans les pays nordiques tels que les Pays-Bas et le Danemark et qui fait peu à peu son chemin en France.
50 K€ de CA en dix mois d’activité
Botch Cargo Bikes, Maillon Mobility, Cobrane Design,… Et maintenant, Cycles du Midi. La start-up, lauréate du Prix Toulouse Métropole de l’Économie Circulaire 2025, vient compléter la liste des fabricants de vélos cargos toulousains. L’été dernier, ses premiers produits sortaient d’usine. Aujourd’hui, elle annonce un chiffre d’affaires de 50 K€ et déjà 15 vélos vendus. Dans l’Hexagone, sur les 33 000 vélos cargos vendus annuellement, entre 1 000 et 2 000 sont des biporteurs, selon l’Observatoire du cycle 2024. Pour se faire une place sur ce marché de niche, Ange Padovani, qui a investi 20 K€ de fonds propres, commercialise un vélo low-tech, très résistant, made in France et facilement réparable chez soi.
« Depuis l’avènement des vélos électriques, nous avons constaté une sorte de SUVisation du marché », explique l’entrepreneur. « Les vélos sont de plus en plus sophistiqués, et du fait de la batterie électrique, nous voyons apparaître de nombreux gadgets, des klaxons, des alarmes, des clignotants. Nous, nous sommes sur quelque chose de beaucoup plus simple : un cadre en acier, comme les vélos Peugeot d’époque, avec un style élégant et de nombreux coloris possibles », reprend celui qui a travaillé un an dans la cyclologistique avec le toulousain AppliColis, plateforme en ligne spécialisée dans la mise en relation de clients avec des cyclologisticiens, avant de créer sa boîte.
Le constructeur mise beaucoup sur la traçabilité des éléments utilisés dans la fabrication de son vélo, et souligne l’importance de faire tourner l’économie locale : « Notre soudeur est dans les Hautes-Pyrénées, notre peintre dans le Tarn, notre fabricant de garde-boue à Saint-Étienne, le moteur se fait en Île-de-France et l’assemblage en Occitanie. » Une manière de réduire drastiquement l’impact carbone de son produit, mais aussi d’attirer des clients qui attachent de l’importance à ces questions, notamment des familles.
Un vélo pour la famille
« Pour remplacer la voiture, dans le cadre d’un usage familial, le mieux reste le vélo biporteur utilisé aussi bien pour amener les enfants à l’école que pour aller chercher un colis », détaille Ange Padovani. « En comptant le conducteur, l’ensemble peut porter 200 kg de charge utile, tout en ayant la largeur d’un vélo classique, assurant ainsi une plus grande maniabilité. »
Le jeune ingénieur souhaite aussi toucher des clients professionnels indépendants. « Parmi ceux qui ont déjà acheté notre produit, nous avons un kinésithérapeute, une infirmière, une professeure de yoga, un fleuriste. Tous n’ont pas besoin de transporter une charge particulièrement lourde, mais nous avons développé une gamme avec un caisson métallique de 180 litres, qui permet de sécuriser la marchandise », souligne l’intéressé.
Et, pour simplifier l’utilisation de son deux-roues, quel que soit le client, Ange Padovani rappelle que son produit n’utilise pratiquement que des pièces standards. « Au moindre problème, les clients peuvent retrouver les éléments de rechange dans n’importe quel commerce et ne sont pas obligés de repasser par nous, idem pour la batterie », rappelle-t-il. Un système qui, s’ajoutant à la résistance du cadre en acier, permet d’assurer sa pérennité. « Nous fabriquons un vélo indestructible et qui se transmet de génération en génération. »
Pour l’instant, celui qui a reçu un soutien de 8 000 € de la part de son ancien employeur pour créer son entreprise, concentre ses efforts sur le développement de sa gamme de biporteurs. Mais Ange Padovani a déjà de nombreux projets en tête. « Cycles du Midi est une marque de vélos uniquement urbains. C’est pourquoi nous envisageons d’autres solutions, comme un longtail [2] et, pourquoi pas un jour, un vélo électrique classique », conclut le trentenaire.
[1] L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie accompagne les acteurs économiques, les collectivités et les particuliers dans la transition écologique.
[2] Le vélo longtail, ou vélo rallongé, est un vélo cargo à assistance électrique ou mécanique, conçu avec un porte-bagages arrière allongé.