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Le toulousain CLS muscle son offre de traçabilité environnementale avec le rachat de NGIS

Spatial. En rachetant l’entreprise australienne, CLS, spécialiste des services d’observation et de surveillance de la Terre, renforce ses solutions de suivi des chaînes d’approvisionnement durables, dans un contexte de durcissement des réglementations environnementales mondiales.

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Le toulousain CLS vient d’annoncer sa 19e opération de croissance externe. L’entreprise, spécialisée dans les services d’observation et de surveillance de la Terre, vient en effet de racheter l’autralien NGIS. Ici Paul Farrel, son fondateur, Stephanie Limouzin, présidente de CLS, et Nathan Eaton, directeur exécutif de NGIS. (©NGIS)

Pionnière dans la fourniture de services d’observation et de surveillance de la Terre, le toulousain CLS continue d’enrichir son portefeuille d’activités et son maillage mondial. L’entreprise vient en effet d’annoncer une nouvelle opération de croissance externe. Cette fois, c’est l’australien NGIS qui tombe dans l’escarcelle de la coentreprise détenue par le Centre national d’études spatiales (CNES) à hauteur de 34 % et par la société d’investissement CNP (66 %).

Fondée en 1986 et basée à Ramonville-Saint-Agne, CLS opère dans cinq secteurs, à savoir la gestion durable des pêches, la surveillance environnementale, la sécurité maritime, la mobilité et l’énergie. Ces derniers temps, le groupe a multiplié les acquisitions avec, au cours des 15 derniers mois, les rachats du doubaïote EIS-ME, du breton Quiet-Oceans et plus récemment de l’américain Ground Control.

Le géant du spatial, qui emploie désormais plus de 1 200 collaborateurs dans le monde répartis sur 41 sites et a réalisé 193 M€ de chiffre d’affaires en 2024 (+7 % sur un an), continue ainsi de faire son marché avec cette 19e acquisition. Fondée en 1993 à Perth, NGIS emploie 110 personnes en Australie, en Europe et en Amérique du Nord et a réalisé 24 M€ de chiffre d’affaires en 2024.

La société est un acteur important dans le conseil géospatial et les solutions d’observation de la Terre pour des secteurs clés tels que l’agriculture, les services publics, les ressources naturelles et les transports. Elle développe également des solutions de traçabilité à travers son produit phare dénommé TraceMark.

Durcissement du cadre réglementaire

Des activités parfaitement complémentaires à celles de CLS pour qui ce rachat constitue « une étape stratégique majeure » comme le rappelle sa présidente, Stéphanie Limouzin dans un communiqué daté du 27 janvier. Et d’ajouter :

L’intégration de NGIS renforce notre capacité à accompagner les entreprises et les territoires à l’échelle internationale, en mettant l’intelligence spatiale et géospatiale au service d’une économie plus transparente, plus responsable et plus durable. »

De fait, cette acquisition s’inscrit dans un contexte de durcissement des normes environnementales à l’échelle mondiale, telles que le Règlement européen sur la déforestation, la Directive relative à la publication d’informations en matière de durabilité par les entreprises ou encore la Directive sur le devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité.

Pour répondre à ces enjeux majeurs, NGIS met en avant sa plateforme de traçabilité TraceMark qui permet aux entreprises de démontrer la conformité de leurs chaînes d’approvisionnement aux nouvelles exigences internationales. C’est le cas par exemple dans la filière du café soumise aux dispositions du Règlement européen sur la déforestation.

La société australienne accompagne les industriels du secteur dans la traçabilité complète des grains de café, du producteur jusqu’au consommateur final, l’objectif étant de garantir un sourcing transparent et responsable. Outre le tracking de matières premières telles que le café, le bois, le cacao ou l’huile de palme, la plateforme permet également d’identifier les risques environnementaux et de mettre en lumière la dégradation des écosystèmes.

Un second pied en Australie

Alors qu’il possède déjà une filiale en Australie, avec CLS Oceania, cette acquisition permet au Toulousain de s’implanter stratégiquement dans la région Asie-Pacifique, NGIS étant appelée à jouer un rôle central dans la stratégie de croissance internationale du groupe. De fait, Paul Farrell, le fondateur de NGIS, se réjouit de ce rapprochement qu’il voit comme « une évidence ». Et de conclure :

Nous partageons la même conviction : la technologie doit être un levier positif pour la planète et pour les générations futures. Cette alliance repose sur des valeurs communes et une vision partagée de la durabilité, et elle nous permettra d’amplifier l’impact de nos solutions à l’échelle mondiale. »

Cette nouvelle opération de croissance externe illustre parfaitement la stratégie mise en œuvre par Stéphanie Limouzin, nommée à la tête de CLS en juillet dernier. La nouvelle présidente s’est en effet fixé comme priorité notamment d’accélérer le développement du groupe à l’international et de renforcer son leadership technologique.