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140e année

Banking-as-a-Service ? Concrètement, comment ça marche ?

Finance. Face à l’émergence de nouveaux modèles économiques bancaires et au développement de la fintech, il devient difficile de s’y retrouver. Le terme Banking-as-a-Service, tout particulièrement, continue d’en intriguer plus d’un. Ne vous posez plus de question !

Premier point, le banking-as-a-service, qu’est-ce que c’est ?

La meilleure façon de l’expliquer est de donner un exemple concret. Vous êtes le directeur d’une compagnie aérienne, êtes confrontés à une concurrence féroce et souhaitez fidéliser au maximum vos clients en leur proposant une carte de débit, par exemple, qui vous permettrait de leur attribuer des points de fidélité à chaque paiement. Et si vous aviez la capacité de leur proposer un prêt en ligne pour financer leurs billets d’avion, directement sur votre site web ?

Ainsi, il finaliserait leur acquisition sans jamais interrompre leur parcours et vous pourriez augmenter les ventes et influencer directement le montant des dépenses. En proposant cela, les acteurs non-bancaires peuvent améliorer l’expérience de leurs clients et donc augmenter leurs revenus. Toutefois, pour offrir ce type de prestation, les divers gouvernements exigent la détention d’une licence bancaire souvent difficile à obtenir et qui impose également des exigences en matière de capital, mais aussi une conformité à des réglementations strictes en matière de blanchiment d’argent, de secret bancaire et de protection des dépôts, pour n’en citer que quelques-unes.

C’est là que le Banking- as-a-Service (BaaS) entre en jeu ! C’est est un modèle dans lequel des établissements agréés intègrent leurs services bancaires directement dans les offres de leurs clients. Ainsi, une entreprise non-bancaire peut proposer une large gamme de services tels que des comptes bancaires mobiles, des cartes de débit, des prêts et des services de paiement, sans avoir sa propre licence bancaire. Au moyen d’API et de webhooks, le serveur de la banque communique avec celui de l’établissement non-bancaire, ce qui permet à leurs clients d’accéder aux services instantanément sur le site Web ou l’application de celui-ci.

L’acteur proposant une solution BaaS ne manipule jamais vraiment l’argent de ses clients finaux, il agit en tant qu’intermédiaire. Il n’est donc pas soumis aux obligations réglementaires des banques. Avec les services de BaaS, il est dorénavant possible pour presque toutes les entreprises de devenir fournisseur de services bancaires. Il suffit pour cela de saisir quelques lignes de code. C’est pourquoi cette technique est aussi appelée « banque en marque blanche », les services bancaires étant assurés par la marque de l’établissement non bancaire elle-même.

banking-as-a-service et Openbanking : du pareil au même ?

Et bien non ! Même si l’Open- Banking implique également que les établissements bancaires se connectent à des entités non-bancaires via une API, les deux modèles répondent à des objectifs totalement différents. Dans les approches BaaS, les entreprises non-bancaires intègrent des services bancaires complets dans leurs propres produits. Avec l’open-banking, les entreprises non-bancaires utilisent les données de la banque pour leurs produits : elles sont alors appelées « prestataires de services tiers » (PST). Les applications de gestion financière sont des PST de premier plan qui bénéficient de l’openbanking.

Elles regroupent les informations de l’ensemble des comptes bancaires de l’utilisateur en un seul et même outil, ce qui lui permet de mieux gérer ses finances. Grâce à cela, l’utilisateur peut atteindre ses objectifs d’épargne ou même améliorer ses habitudes de consommation. Pour recueillir ces informations, l’application doit extraire les données transactionnelles de la totalité des comptes bancaires de l’utilisateur – via une intégration API aux systèmes des banques. Cette intégration est souvent assurée par un tiers, généralement appartenant à la catégorie des plates-formes bancaires qui peuvent être considérées comme des intermédiaires reliant les banques aux PST.

Elles fournissent la couche API réelle qui se trouve au-dessus du système de la banque et qui permet le flux de données entre la banque et les PST. Bien évidemment, de nombreux scénarios sont possibles. La directive européenne (DSP2) – entrée en vigueur le 15septembre2019 –, contraint les banques à ouvrir leurs données à des prestataires de services tiers, avec l’intention de multiplier ces cas d’usage.

Par Jean-François Guillaumin, directeur général France de Solarisbank