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Best of 2025 : retour sur les temps forts du mois de février

Bilan. Au moment de basculer dans une nouvelle année, la Gazette du Midi fait un arrêt sur image et passe en mode rétrospective du 22 décembre au 2 janvier. L’occasion de faire un focus sur les actualités marquantes de ces douze derniers mois, avec une sélection nécessairement subjective, mais on l’espère représentative du tissu économique local. Avec pour chaque mois, un coup de projecteur mis sur une entreprise de la région, une start-up innovante et enfin, une actualité forte côté collectivités.

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L’allée Jean Jaurès s’est parée cette encore de son traditionnel sapin de Noël. (©Gazette du Midi)

L’entreprise du mois : D&S

En Occitanie, la filière du nucléaire compte plus de 350 établissements industriels et 38 240 salariés. Tandis que le plan France 2030 prévoit un investissement sur le secteur de 1,2 Md€, le gardois D&S tire son épingle du jeu. Le spécialiste de la sécurité nucléaire a annoncé en février dernier une levée de fonds de 4 M€ auprès de Bpifrance et de la société de gestion toulousaine Irdi Capital Investissement. Plusieurs cadres dirigeants de D&S sont également rentrés dans l’actionnariat.

Fort de près de 500 salariés répartis sur 10 implantations à travers la France, le groupe a engrangé 34 M€ de chiffre d’affaires et 17 % de croissance en 2024. Basé à Bagnols-sur-Cèze, l’ETI s’est donné pour mission « d’accompagner les exploitants du nucléaire et les prestataires du secteur dans leurs projets, tout en maîtrisant les facteurs tels que la sûreté, la sécurité, la radioprotection, la qualité et l’environnement ». Acteurs majeurs de l’énergie en France, ses clients sont le Commissariat à l’énergie atomique, EDF ou encore Orano, le spécialiste français du combustible nucléaire.

Basé à Bagnols-sur-Cèze dans le Gard, le groupe D&S est spécialisé dans la maîtrise des risques nucléaires et industriels. (©D&S)

Fondé en 2004, le groupe familial réunit aujourd’hui sept PME : D&S Aqmaris, Alfadir, Safety Shop, Kairos Formations Fildem, D&S Ingénierie et Quadance, le pôle support du groupe. Elles cumulent aujourd’hui 20 ans d’expérience dans différents métiers, de l’assainissement au démantèlement nucléaire, en passant par la radioprotection opérationnelle.

« L’objectif de cette levée de fonds est de préparer l’avenir et de soutenir la croissance de l’entreprise, en pré-finançant son développement sur les quatre à cinq prochaines années », précise son PDG, Julien Feja. Croissance qui s’est, cette année, confirmée par l’ambition de recruter cinq à 10 personnes par mois. Un vrai challenge dans un secteur qui peine à recruter faute de personnel suffisamment qualifié.

D&S entend aussi profiter du renouveau du nucléaire en France avec la construction annoncée de plusieurs réacteurs dans les décennies à venir. « Qu’il s’agisse d’EPR2 ou de PRM, il faudra d’abord démanteler les sites. Donc oui, cela va nous ouvrir des marchés », réagit Julien Feja.

L’année 2025 a d’ailleurs été florissante pour le groupe qui a décroché un triple marché avec le Commissariat à l’énergie atomique le 22 septembre dernier, concernant les sites de Paris-Saclay (Essone), de Marcoule (Gard) et de Cadarache (Bouches-du-Rhône). En novembre, ce même acteur a signé un second contrat d’audit à échelle nationale avec le gardois. Fort d’une croissance importante, D&S a annoncé fin octobre sur ses réseaux sociaux une nouvelle extension de son activité courant 2026, sans donner plus de détails.

La start-up du mois : Iki

Engagés dans la santé publique, le toulousain Iki et sa solution d’analyse urinaire connectée Uriki se sont imposés dans l’actualité en début d’année. Dans le cadre d’une levée de fonds de 1,4 M€, la start-up a reçu le soutien de plusieurs banques et de business angels à hauteur de 700 K€ par le biais de la plateforme de co-investissement française Sowefund. L’entreprise au chiffre d’affaires de 230 K€ en 2025 (cent fois plus que l’année précédente) bénéficie également de l’aide au développement deeptech de Bpifrance, avec une enveloppe de 500 K€.

Présente au CES de Las Vegas 2023, la start-up toulousaine Iki a signé un important partenariat avec une medtech taïwanaise. (© Iki)

Au service des patients atteints d’une maladie chronique, la pépite toulousaine a par ailleurs signé un partenariat avec Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) pour déployer le dispositif Uriki, auprès de 180 patients de la capitale. Plus d’un Français sur 6 est atteint d’une maladie chronique, selon la Direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques (Drees). C’est pour les aider au quotidien, que la jeune medtech a développé une solution clé en main qui, en plus de l’analyseur, met à disposition une application mobile à destination des patients et une plate-forme web pour les professionnels de santé.

« Cette solution se positionne comme un outil d’éducation thérapeutique du patient afin d’optimiser son suivi nutritionnel, en association avec son équipe médicale, grâce à une donnée objective : l’analyse urinaire », explique la société. Fondée par Cyril Cauchois, Caroline Mazet, Stéphane Le Brun et Jean-Christophe Cau, elle a recruté deux collaborateurs cette année et compte désormais huit salariés. Installée depuis sa création en 2021 près de l’Oncopole, la start-up a su se démarquer en tant qu’entreprise innovante. En témoigne sa présence en janvier 2024 au CES de Las Vegas, le plus important rendez-vous consacré à l’innovation technologique en électronique grand public.

« Le salon nous a permis de signer un nouveau contrat très prometteur avec la société taïwanaise AST, une medtech spécialisée dans la technologie au service des personnes âgées vivant en milieu rural ou péri-urbain », raconte Jean-Christophe Cau, son DG. La jeune pousse a intégré en août dernier le tiers-lieu d’expérimentation en santé UNIREIN, lauréat de l’appel à projet France 2030. Ce groupe de travail a pour mission de développer de nouvelles manières de collaborer et d’accélérer l’innovation dans le champ des maladies rénales chroniques.

En parallèle de son partenariat avec AP-HP, Iki a annoncé déployer sa solution via six autres projets d’ampleur, de quoi toucher près de 2 000 patients supplémentaires. Preuve de sa pertinence, 75 centres de néphrologie/urologie se disent intéressés par l’outil.

L’action de la collectivité : un hôtel 4 étoiles au MEETT

Après une année 2024 record avec 100 événements accueillis et 750 000 visiteurs, le parc des expositions MEETT a officialisé le projet d’un hôtel quatre étoiles, lors d’un point presse en février dernier. Une annonce majeure pour Toulouse Events, le gestionnaire qui entend grâce à ce complexe hôtelier de luxe jouer désormais dans la cour des grands.

Olivier Chanelle, directeur général de Toulouse events, filiale du groupe GL Events chargé de l’exploitation du MEETT. (©Gazette du Midi)

Un projet estimé à 42 M€ financé à hauteur de 10 et 12 % par la filiale toulousaine du géant GL events qui a enregistré en 2024 une hausse de 16,3 % de son chiffre d’affaires. Trois acteurs publics participent également au financement : Oppidéa Europolia, l’Arac Occitanie et la Banque des Territoires. Le projet hôtelier qui doit sortir de terre en 2028 au bout de la grande esplanade du MEETT (le long de la Voie lactée), avait déjà été évoqué dès 2017, au début du chantier du parc des exposition sur la commune d’Aussonne dans la périphérie de la Ville rose.

Composé de 250 chambres ainsi que de deux restaurants, le futur complexe hôtelier imaginé par l’agence Taillander Architecte Associés sera exploité par l’entreprise Hexagone Hospitality, sous l’enseigne Hyatt. Les travaux devraient débuter dès 2026.

« Ce projet va en effet nous permettre de répondre aux attentes d’hébergement des congressistes inscrites dans certains cahiers des charges et donc de nous positionner sur des événements qui jusqu’ici nous échappaient », a indiqué Olivier Chanelle, directeur général de Toulouse Events. Si le succès est au rendez-vous, le gestionnaire réfléchit déjà à un deuxième hôtel « dans une catégorie différente et complémentaire » dont la construction est prévue dans les prochaines années.